SULLY : la décision au risque de l’expertise

Brève critique du film de Clint Eastwood sorti en 2016.

Le film de Clint Eastwood sorti en 2016 retrace l’histoire du vol 1549 de l’US Airways et son amerrissage sur l’Hudson le 15 janvier 2009.

Alors que la presse acclame le commandant en véritable héros, le Conseil National de Sécurité des Transports diligente une enquête. Quelle décision fallait-il prendre ? Était-ce une prise de risque inutile ?

Fidèle à lui-même, Clint Eastwood convie le spectateur à une réflexion sur l’homme, notamment lorsque ce dernier se trouve tiraillé en son for intérieur à cause d’une décision lourde de conséquences.

Gran TorinoMillion Dollar Baby et maintenant Sully, présentent à chaque fois un aspect de ce moment intense. Lorsqu’il pose un acte libre, l’homme est capable de saisir « L’instant éthique » qui l’accompagne. La tension qu’expérimentent les protagonistes de ces films se communique à travers l’écran. Dans les deux premiers la décision est l’aboutissement du film; dans le cas de Sully  l’intrigue se construit à partir de celle-ci. Le Commandant revit sans cesse les 5 minutes de vol dans son esprit… et sous le coup de l’enquête, en arrive à douter que son choix fût le bon.

 A qui donnera-t-on raison ? A « L’Expert », l’ingénieur qui possède une connaissance théorique parfaite de l’appareil ? Ou bien au commandant de bord, l’homme d’expérience façonné par la confrontation récurrente au réel ? 

Des questions analogues se posent au sein des organisations.

En l’occurrence, le désaccord vient du fait que le « facteur humain » n’avait pas été pris en compte lors des simulations de vol effectuées par les ingénieurs en charge de l’enquête. Quelle gestion du stress ? Quel temps s’accorder pour poser un diagnostic et prendre une décision ? Avait-on le temps du discernement ? 

Le « facteur humain » n’apparaissait pas dans l’équation initialement posée. Difficilement maitrisable, ce facteur rend versatile l’équation déjà complexe.

Prendre en compte la dimension humaine n’est pas tout, l’erreur serait de concevoir le « facteur humain » de façon univoque. C’est contre cela que la voix du commandant Chesley Sullenberger s’élève à la fin du film. Non, il ne constitue pas, à lui seul, la variable qui permet de résoudre l’équation [155 personnes à bord + amerrissage = 155 survivants].

Le personnel de bord, les passagers, les sauveteurs… tous ont permis cet exploit. 

A l’heure où le « Big Data » et les nouvelles technologies se substituent à l’homme dans les processus de décision, ce film réaffirme que malgré sa vulnérabilité et ses faiblesses, l’homme peut se surpasser et, peut-être, mériter aussi notre confiance.

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